de fil en aiguille

Je ne sais plus comment c’est arrivé, mais il y a quelques semaines, j’ai recommencé à faire du point de croix. C’est très relaxant. Ça demande un peu de matériel (à des prix raisonnables), pas beaucoup d’espace, de la patience et un peu de créativité. Ça revient à la mode (loin derrière le tricot, mais quand même) et ça permet de faire des petits cadeaux sympas.

lézard rayé

Noémi (bka Mlle Funambuline) a écrit un billet très intéressant sur ce même sujet, alors je vais essayer de ne pas répéter ce qu’elle a déjà dit mieux que moi.

Le matériel. L’essentiel, si vous débutez, c’est: une bonne aiguille (pas trop longue, bout rond et non pointu, petit chas); de la toile Aïda (14); une paire de ciseaux (des petits qui coupent net); et du fil à broder.

  • il me semble qu’en Suisse, on trouve surtout du fil DMC (excellente qualité) dans les merceries (une échevette = 8 mètres de fil vaut environ Fr. 2,20). J’ai récemment acheté un gros lot d’échevettes Anchor sur eBay, à un prix très bas. Pour l’instant, je n’ai pas vraiment vu de différence de qualité. Le problème entre DMC et Anchor, ce sont les couleurs, qui ne correspondent pas à 100%. Vous trouverez des tableaux de conversion en ligne (ici, par exemple), mais tous ne sont pas identiques ! Conseil: pour un ouvrage, ne mélangez pas DMC et Anchor pour la même couleur (qui, justement, risque de ne plus être la même). Mais rien ne vous empêche d’utiliser un jaune canari DMC et un bleu de Prusse Anchor. Notez qu’on brode généralement avec 2 brins (un fil = 6 brins), sauf pour certains détails et contours (un brin) ou si on veut donner du relief (3 brins). Je vous renvoie à l’article de Mlle Funambuline pour connaître l’astuce du “pas de nœud” et savoir comment débuter un ouvrage.
  • une toile Aïda, c’est du tissu de coton au tissage très régulier, avec des petits trous bien visibles, ce qui vous facilite la vie quand vous faites du point de croix compté. On parle de toile Aïda 11, 14, 16, etc. (trous par pouce) ou 5.5, 6.3, 7.2, etc. (points par cm). Le standard, c’est souvent une toile Aïda 14 (ou 5.5). Plus le chiffre est grand, plus les points seront petits (et donc les motifs plus fins, plus détaillés, mais on peut faire de jolies choses déjà avec du 14. Et même avec du 11, voyez:

sapin vert

  • Outre la toile Aïda, on peut faire du point de croix sur de la toile de lin, sur laquelle il faut compter fils et trous. Ça demande plus d’habileté (et de patience). Il existe aussi la toile étamine, les canevas, les supports en plastique ou en bois (pour faire des pendentifs, par exemple). Sur Univers Broderie, vous avez un aperçu du choix à disposition.
  • Perso, j’en reste encore à la toile Aïda, mais j’essaierai un jour la toile de lin ! Sachez enfin que la toile Aïda est disponible en plusieurs couleurs. Méfiez-vous des toiles sombres: ça a l’air d’une super bonne idée, ce joli motif sur toile noire ou rouge, n’est-ce pas ? Mais vous allez vous user les yeux. J’ai travaillé avec de la toile bleu foncé, et ce n’était pas facile. Prévoyez toujours un bon éclairage. Pour  ma toile bleu foncé, j’ai même ressorti ma lampe frontale. Oui, j’avais l’air idiote, mais c’était très efficace !
  • Pour vos fournitures, je vous recommande les merceries, où vous allez trouver tout ce dont vous aurez besoin et où vous pourrez demander conseil aussi. À Genève: Cotton Shop (rive droite) et Mercerie Catherine B. (rive gauche). Grâce à Mlle Funambuline, j’ai découvert en ligne Sew and So, une mercerie britannique qui a de tout, à des prix et des délais de livraison raisonnables. Si vous ne parlez pas anglais, essayez Broderie Passion, une mercerie installée à Fully (VS) qui propose un vaste choix d’articles et livre rapidement.

Quand on débute, c’est bien de s’attaquer à un petit ouvrage, peut-être monochrome, avec un kit. L’avantage du kit, c’est que vous aurez l’aiguille, la toile aux dimensions nécessaires et le fil qu’il vous faut. Là aussi, vous trouverez des kits dans les merceries. Si vous voulez vous lancer, allez fouiner sur Etsy (pour acheter des modèles (téléchargeables en .pdf) et/ou des kits) et Pinterest (pour l’inspiration). Sur Etsy, je vous recommande Cloudsfactory, Happinesst ou encore Danceneedle. Mais il y a en tout plein. En anglais, cherchez “cross stitch“, “crossstitch” ou “xstitch“. Vous allez trouver des motifs très classiques (surtout en cette période de Noël), mais aussi – et c’est là tout l’intérêt – des modèles modernes (par exemple tirés de séries comme The Walking Dead, ou de dessins animés comme Moi, moche et méchant), des phrases ou citations à broder (oui, on peut être drôle et/ou grossier en point de croix), des motifs géométriques, etc.
fils à broder Anchor

Dans un prochain billet, je vous parlerai de l’utilité (ou non) d’un tambour, de l’impact que peut avoir votre chat sur votre ouvrage au point de croix, des fils qui s’emmêlent et comment les gérer, d’une technique très simple pour encadrer un ouvrage terminé, et d’autres choses encore.

 

Mes lectures en 2014

Lus:

  •  Le Secret des grands explorateurs, National Geographic, Hors-série n° 22 [m]
  • New Stories (The Dogs, Long Ago Yesterday, Weddings and Beheadings, The Assault, Maggie, Phillip, The Decline of the West, A Terrible Story), Hanif Kureishi [k]
  • Iran, Philippe Bichon (éd. Elytis)
  • Afrique(s), Raymond Depardon
  • Mad, Bad, and Dangerous to Know, Ranulph Fiennes  [k]
  • Voyages et explorations – Rêves d’aventures, Histoire et Images médiévales, n° 35, janvier-février-mars 2014 [m]
  • La Pêche  miraculeuse, Guy de Pourtalès
  • Broken, Kelly Elliott  [k]
  • London – Then and Now, Diane Burstein
  • The Secret History, Donna Tartt  [k]
  • Pipes de terre et pipes de porcelaine – Journal d’une femme de chambre en Suisse romande, 1920-1940, Madeleine Lamouille (et Luc Weibel)
  • The Help, Kathryn Stockett
  • La Colline des Anges – Retour au Vietnam (1972-1992), Raymond Depardon et Jean-Claude Guillebaud
  • La Dame à la camionnette, Alan Bennett
  • Butterflies in November, Auður Ava Ólafsdóttir  [k]
  • Les Champs d’honneur, Jean Rouaud
  • Salaam London, Tarquin Hall
  • L’Iran et les Iraniens – Vers une renaissance de la République islamique ? Carto – Le Monde en Cartes, n° 21, janvier-février 2014 [m]
  • Les O’Brien, Peter Behrens
  • Chine:  un siècle de photos par National Geographic, National Geographic, Hors-série, avril 2014 [m]
  • Dead Cat Bounce, Damien Owens  [k]
  • Killing Jane Austen, Jean G. Goodhind [k]
  • This Book Will Save Your Life, A. M. Homes  [k]
  • Something to Tell You, Hanif Kureishi [k]
  • La Chair et le sang, François Mauriac
  • L’Enfant chargé de chaînes, François Mauriac
  • La Grande Guerre, 1914-1918, Stéphane Audoin-Rouzeau et Annette Becker
  • Terre noire d’usine, Janine Massard
  • A Cruel Bird Came to the Nest and Looked In, Magnus Mills [k]
  • The Time of our Lives, Jane Costello [k]
  • Doubting Abbey, Samantha Tonge [k]
  • My Dream of You, Nuala O’Faolain
  • The Lowland, Jhumpa Lahiri
  • La Lettre à Helga, Bergsveinn Birgisson
  • Homesman, Glendon Swarthout
  • L’Aquarelliste, Beatrice Masini
  • The Shock of the Fall, Nathan Filer
  • The Lost Heart of Asia, Colin Thubron [k]
  • The Other Boleyn Girl, Philippa Gregory [k]

Note: [k] = sur kindle. [m] = magazine
Années précédentes: 20132012, 2011, 2010, 2009, 2008 et 2007

Septembre

Chaque matin, il fait plus sombre. On écarquille les yeux, on tend l’oreille, on vérifie l’heure. C’est bien l’heure, mais le ciel s’éveille à peine, on le sent qui s’étire, nuages éparpillés rosâtres ou bleutés. Dernières étoiles égarées.

La journée, les cirrus s’effilochent, fondent, réapparaissent, très haut, très loin, qui donnent cette impression – fausse, comme la plupart des impressions – que la voûte céleste est brusquement plus immense, que l’air est plus fin, plus léger.

J’ai terminé hier La Lettre à Helga (Svar við bréfi Helgu – “Réponse à une lettre de Helga”) de l’Islandais Bergsveinn Birgisson. Un très beau roman, court et intense. Le vieux Bjarni écrit à Helga, cette femme qu’il a tant aimée, tant désirée; il raconte son amour, leurs amours, leur déchirure, son choix, ses regrets. C’est vibrant, c’est beau comme un ciel islandais.

Avant cela, j’ai lu The Lowland, de Jhumpa Lahiri - l’histoire de deux frères très proches et qui connaîtront des destins bien différents. L’histoire d’une lutte, d’une fuite, d’un amour qui ne vient pas, d’un amour qui s’en va. Une langue sobre, un texte qui navigue entre Inde et Amérique.

Avant encore, j’ai lu My Dream of You, de Nuala O’Faolain. Un roman superbe, dense, arrache-cœur. C’est l’histoire d’une femme, fin quarantaine, qui se retrouve à repenser à sa vie, à réévaluer ses relations avec ses proches et avec son passé et qui retourne vers son Irlande natale, qu’elle avait fuie, pour chercher des informations sur une improbable histoire d’amour entre l’épouse d’un propriétaire terrien anglais et un serviteur irlandais à la fin de la grande famine qui a bouleversé à jamais le destin de ce pays. On passe du présent au passé, du rire à l’émotion la plus vive, mais sans cliché, sans pathos. Vraiment, un roman magnifique. Et ça me brise le cœur de savoir que Nuala O’Faolain a été emportée à l’âge de 48 ans par une saloperie de cancer …

Et maintenant je lis Homesman, de Glendon Swarthout, une aventure dans les grandes plaines des États-Unis au milieu du XIXème siècle. Ils en ont fait un film.

Je tourne des pages pendant que les feuilles tombent.