À l’insu de mon plein gré
La vie est pleine de surprises. Sur le net comme partout ailleurs. Voyez plutôt: hier, je reçois un e-mail de Claude (que je ne connais pas, bonjour, enchantée et merci) qui me dit :
Chère Madame,
Votre blog est cité dans le manuel Swisscom - À la fois lecteur et auteur : blogs et wikis, comme illustration de la page “Qu’est-ce qu’un blog?”
Dans le mail, il y a le lien qui mène au manuel en question (.pdf). J’ouvre le pdf et là, effectivement je vois en page six ces quelques lignes :
Exemple : une Genevoise relate ses pensées et ses aventures dans le style d’un journal intime : « Gentil », 11. 5. 2006
« Dire de quelqu’un “ Il est gentil ”, ça sous-entend “ gentil mais… ”, un peu niais, un peu con, inintéressant, mou, pas drôle, qu’on a presque envie de baffer… »
Le texte est accompagné de l’URL de mon blog et d’une copie d’écran du blog datant du 12 mai 2006.
Dans son mail, Claude me précise que “Swisscom n’a pas averti la blogueuse citée dans la page équivalente de la version italienne du manuel” et suppose, à raison, que je n’ai pas été avertie non plus.
Il va sans dire que je vais prendre le temps d’écrire à Swisscom pour leur demander pourquoi ils se sont permis de citer mon blog, sans jamais ne serait-ce que m’en avertir (je ne parle même pas d’”autorisation”), dans la publication SchoolNetGuide qui, bien que visiblement destinée à des des enseignants et à des élèves (je suppose), reste une publication d’ordre publicitaire (voir la pub pour le tchat Bluewin en fin de manuel).
Outre le manque de courtoisie (et la citation non autorisée), je ne suis pas certaine que l’extrait choisi soit, d’une part, particulièrement représentatif de ce que je publie ma planète (ou si ?) et, d’autre part, particulièrement pertinent pour un manuel conçu pour un milieu scolaire.
Peut-être devrais-je me sentir flattée que mon blog ait été choisi parmi des milliers d’autres pour être cité dans une brochure à large diffusion. Une partie de moi l’est sans doute. Mais l’autre partie va attendre avec impatience la réponse de Swisscom.
PS: Je note, avec ironie, que dans son SchoolNetGuide, Swisscom écrit, page 22, point 6:
Respectez la loi et les bonnes moeurs. Ne publiez pas de textes ni d’images d’autres personnes sans citer les auteurs ni sans avoir obtenu leur autorisation.
je trouve aussi que c’est un peu cavalier de te citer sans te demander ton accord.
tout à fait. déjà que j’aime pas tellement les chevaux
Hormis le fait que la pratique est grossière, je dois dire que le coup de la phrase sortie du contexte, c’est pas génial ; on se croirait à la rédaction du Blick en train d’ausculter un dictionnaire à la recherche de Fesse tout en essayant de faire croire que cet ouvrage ne comporte pas le mot Cerveau. Est-ce que vous allez bientôt être citée dans l’annuaire chaud des nuits de Lutèce pour avoir osé avouer un jour que vous aviez des lèvres pulpeuses ou au bûcher de l’association des producteurs d’huîtres pour avoir avoué que vous n’en mangerez plus ? ;-(
L’autre truc qui me surprend dans cette brochure, c’est qu’on n’y parle pas de Stéphanie Booth, étonnant, non ? Bon, d’accord, je sors.
Pendant 2 ans j’ai laissé mes photos sur flickr en CC, ce qui permettait à tout un chacun de télécharger les images dans la plus grande résolution pour les utiliser dans un but non-lucratif. Malheureusement, je me suis vite aperçu que beaucoup abusaient du système en utilisant ces photos dans divers projets sans m’en informer (et probablement sans me créditer également). Du coup, je suis revenu à une autre licence ne donnant pas accès à toutes les tailles.
Je suis toujours pour les licences de type Creative Common, mais j’attends tout de meme que l’on m’informe au préalable de l’utilisation de mon ‘travail’. Dommage qu’aujourd’hui beaucoup de gens pensent qu’une licence CC signifie simplement qu’ils peuvent prendrent ce qu’ils veulent.
Dans un tel contexte, je n’aurais pas écrit à Swisscom. Nous sommes publics, vus par des quantité de gens… Dès lors qu’il y a l’URL, le nom du blog… bah ! Il n’y a pas mort d’hommes. Comme tu le dis, c’est plutôt flatteur.
Néanmoins, évidemment un petit email aurait été la moindre des courtoisie.
Plus rien ne m’étonne venant de swisscon
Ils n’en ratent pas une à chaque, c’est vraiment navrant . Allez, un petit soleil pour nous remonter le moral :sun:
Très fort de chocolat. Et dire que leur guide (pas *trop* mauvais au demeurant) est édité à 230 000 exemplaires pour les trois langues…
Leur “Faites ce que je dis pas ce que je fais” est plutôt inquiétant pour une entreprise de ce calibre, d’autant plus que le contexte se veut éducatif.