Et puis j’attends

Un
Cet été, pendant mes vacances, j’ai noyé mon appareil-photo. C’était un accident. Une photographie de moules qui a mal tourné. J’ai fait sourire en grand le gars du SAV de la FNAC avec mon histoire de moules et de vaguelette méditerranéenne justifiant la mort prématurée de mon sony w35. Il a été réconfortant mais ferme (comme un bon cake au chocolat). Alors je suis rentrée chez moi avec le cadavre de mon sony w35 qui balotait mollement dans sa boîte – son cercueil de carton (mon dieu on dirait presque du Linda de Suza). Et j’ai commandé un nouvel appareil. Là j’attends.

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Deux
Je sais qu’on me ment. On me ment tout le temps. Quand je reçois un courriel qui me dit “Offre réservée à Mlle Fabienne Dubosson”, je sais qu’on me ment: on doit bien être 4′392′874 à avoir reçu le même mail. Quand je reçois une lettre qui m’annonce sur l’enveloppe déjà que j’ai “peut-être gagné le gros lot d’un montant de 118 gazillions d’eurodollars”, je sais qu’on me ment: je verrai jamais un sou de ce gros lot. Quand M6 me crie “et tout de suite, un nouvel épisode de votre série préférée”, je sais qu’on me ment: c’est jamais “tout de suite”, y a toujours plein de pubs, et en plus c’est même pas ma série préférée.

comme un fruit bien mûr

Trois
Tout est calme aujourd’hui. Il pleut. J’ai un sentiment de tâche accomplie, bien accomplie. Les ronrons du chat contribuent à ma sérénité du moment. Mon petit carnet L’esprit du vent va partir en voyage, confié à d’autres mains, à un autre regard. L’automne s’annonce paisible au dedans, agité au dehors. Un nouveau challenge m’attend, il me tarde de m’y mettre. La rentrée littéraire c’est maintenant, comme les chanterelles. J’ai craqué sur un gros roman, un pavé de plus de 500 pages écrit en une seule phrase – lequel est le plus fou, en l’occurrence: l’auteur ou le lecteur ? – Zone, de Mathias Enard, qui me promet de longues heures de lecture en apnée.

On est jeudi, c’est jour de lessive. Alors entre deux machines, j’attends.

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